Bienvenue

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Présentation.

1ere Fic.
Inspirée de films fantastiques & de livres.
Reprise des Persos de Twilight pour la base
( et parce que ça intéresse beaucoup de monde =P )
What Else ?

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Donne ton avis Ici & Ici & Ici

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Si tu veux être prévenu de la suite, Demande Ici ...
decouvrir-des-fiction - extravaguence - Juhs

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# Posté le mardi 07 juillet 2009 15:32

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 11:58

News - A Savoir.

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Hello ! La suite ne devrait pas tarder à arriver, mais je viens de changer d'ordinateur, donc j'aurais un peu de mal pour les montages qui vont avec... =). A bientôt !

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En ligne :
- Prologue
- Chapitre 1 : Complet
- Chapitre 2 : Complet
- Chapitre 3 : Part 1, Part 2


Ecrit :
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En Cours d'Ecriture :
- Chapitre 3 : Part 3

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Lectures :
- Fic Coup de ♥ : Et-si-c-etait-Edward
- Livre : Manon Lescaut, L'Abbé Prévost - Nuits d'enfers au paradis, Recueil de Nouvelles.

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PS : Mes lectures, ma musique & mes humeurs influencent sur mon écriture et mon imagination.

# Posté le lundi 27 juillet 2009 10:03

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 11:10

Prologue.




_____La mort est simple, facile. La souffrance est intolérable. J'avançais lentement, des larmes roulaient sur mes joues, silencieuses. L'histoire se répétait, encore. A la différence de la victime. C'était moi, aujourd'hui. Et celui que je couvais, n'était pas ma progéniture, comme autrefois. Là, le chantage ne pourrais fonctionner qu'avec lui. Lui, dont j'emporterais le souvenir dans ma tombe, et il serait sain et sauf. Le danger approcha, sûr, haineux, machiavélique. Ce danger qui avait tué de sang froid, ce danger qui m'avait privé à jamais du plus pur bonheur au monde. Seulement, je n'avais plus peur ni de la mort, ni de la souffrance. Je n'avais peur de rien, tant que cela pouvait épargner mon tout. Il l'ignorait, et jouissait du bonheur que lui procurerait de voir mon corps inerte et vide. Là encore, il avait tort. Depuis peu, j'étais devenue invincible pour un quelconque meurtrier dans son genre. Mais je n'avais pas l'intention de résister, j'étais prête à rendre les armes, moi qui m'étais toujours battue pour vivre. J'avais découvert la vérité, je me fichais du reste, à une exception près. Il approcha encore, je restai figée dans l'ombre, et serrai les paupières aussi fort que possible. Je pouvais être courageuse, et affronter ma fin, mais je ne pouvais regarder la mort dans les yeux.
_____La fin. Ca commence. C'est maintenant..


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# Posté le mardi 07 juillet 2009 16:42

Modifié le lundi 07 septembre 2009 12:21

Chapitre 1 : Rencontre Nouvelle, Nouvelle Heureuse.
Partie 1 : Point de Vue de Roxy.


______ Ce matin là, je me réveillai en sursaut. Un bruit retenti, comme si on avait fait exploser quelque chose tout près de chez moi. Je me levai, et allai vers ma fenêtre ouverte afin de comprendre ce qu'il se passait. En m'appuyant sur le rebord, j'inspirai une grande gorgée d'air frai et humide, et soupirai d'aise. Le tonnerre, voilà ce qui m'avait réveillé.
______Contrairement à la majorité des personnes, l'orage ne m'effrayait pas, mais me fascinait, tout comme les autres changements naturels - tornades, typhons, cyclones, et même les cycles de la lune. Je restai donc là, goûtant l'odeur de la nature mouillée, observant l'effet que produisait la foudre s'abattant sur Terre.
______Après quelques minutes, je retournai dans mon lit en songeant que, aujourd'hui, je ne sortirai pas, et que j'aurai encore moins d'occupation que d'habitude - on ne pouvait vraisemblablement pas avoir une semaine entière ensoleillée. Avant de brancher mes écouteurs sur mon portable, je regardais l'heure - 08h33. J'aurai pu me rendormir, mais je ne voulais pas manquer ce spectacle qui s'offrait à moi.
______Je pressais donc le bouton play de mon téléphone, m'emparai de ma Nintendo DS et commençai à jouer à Guitar Heroe. Eh oui, je suis passionnée de musique, mais ma guitare ne sortais jamais de son étuis, et mon synthétiseur ne laissais échapper que quelques mélodies simples occasionnellement, ma mère n'ayant pour l'instant pas les moyens de m'offrir des cours, je m'entraînai comme je le pouvais virtuellement.
______Je m'affairais à ne pas manquer une note d'un de mes morceaux préférés, quand de légers mais audibles coups retentirent au rez-de-chaussée. Je frissonnai derechef, et laissai mon imagination vagabonder sur la possible identité de notre visiteur - mon goût pour les thriller et oeuvres policières me faisant plus que douter. J'attendais patiemment que Kate aille ouvrir - je présumais qu'elle était levée. Rien. La personne commença à s'impatienter, et frappa à nouveau, nettement plus fort. J'entendis mon chien grogner légèrement, ce qui était anormale pour notre vieille Labrador.
______Après quelques secondes d'hésitation, je me levai et descendais les escaliers sans faire de bruit. Je pris alors mon courage à deux mains, et entrebâillai tout doucement la porte. Ce que je vis me fis un choc. Moi qui m'étais attendue à un homme cagoulé et armé, se tenait en face de moi un beau jeune homme - que dis-je ! Il n'était pas beau, non, il était magnifique - sans doute plus âgé que moi, grand, un corps fin et élancé, et des muscles fermes que laissait transparaître son pull bleu gris. Cette couleur allait à merveille avec son teint plutôt pale, et faisait ressortir ses yeux argentés.
______Il ressemblait à ces hommes que l'on voit dans les publicités ou les magazines de fringues, en bien mieux. J'esquissais un sourire à cette pensée, et son visage s'illumina. Il passa une main dans ses cheveux d'ébène aux reflets plus qu'étranges, et me rendis mon sourire, avant de commencer à parler.

_______ Bonjour. Je suis bien chez, hum... ( il regarda furtivement un papier qu'il tenait ) les Lyzzie ?

______Sa voix était de loin la plus belle que j'avais entendu jusque là.

_______ Euh...oui, répondis-je mal assurée. Entrez, je vais aller chercher ma mère. Je pense que c'est à elle que vous voulez parler ?

______Je le laissais passer, et refermai la porte derrière lui. Il se retourna pour me faire face.

_______ Je suis venu afin de rencontrer Mademoiselle Roxanne Lyzzie. Je ne pense pas qu'il s'agisse de votre mère, me dit-il avec un sourire en coin irrésistible.

______Je fronçais les sourcils.

_______ Non, répondis-je. C'est moi.

_______ Enchanté, Roxanne. Je m'appelle Martin Swan. Si je puis me permettre, j'aimerai m'entretenir avec vous, j'ai une nouvelle importante à vous annoncer..., ajouta-t-il avec sous-entendu.
_______ Euh...oui, bien sûr, dis-je en me détendant soudainement. Entrez, et installez vous.

______Je lui indiquais le canapé, et me dirigeai prestement vers la salle de bain afin d'enfiler mon pantalon de toile - mon pyjama consistai en un T-shirt trop grand et un short, et je ne voulais pas rester ainsi devant lui. J'en profitai pour essayer de dompter ma crinière, en vain. Je sortais, me postai près du canapé, et lui demandai poliment :

_______ Je peux vous offrir quelque chose à boire, peut-être ?
_______ Un jus de fruit ne serai pas de refus, si cela est possible, bien entendu.

______Je souris, hochai la tête, et parti chercher ce qu'il m'avait demander. En entrant dans le garage, je remarquais que le Touran que mes parents venaient d'acheter n'était plus là. Je pensais alors que Kate avait du aller faire des courses. Après avoir trouver une bouteille prometteuse, je retournais dans la cuisine, pris deux verres que je remplis de ce "jus de fruits multivitaminé à teneur garantie en vitamines" - juste ce qu'il faut pour donner la pêche aux personnes comme moi, ayant des difficultés à se bouger - et posais les récipients sur la tables. Je m'asseyais sur le vieux fauteuil, juste à la gauche de Martin, qui venait de lever la tête de ses papiers. Il me fit un bref sourire de remerciement, et entama la discussion. Il est vrai que je me posai beaucoup de questions sur sa venue et étais impatiente d'en connaître la raison.

_______ Je conçois que ce n'est pas souvent que quelqu'un vient chez vous afin de vous rencontrer, et non vos parents. Cela doit vous paraître étrange, vous devez vous demander quel est le but de ma présence ici, commença-t-il avec un rictus narquois, comme s'il avait entendu mes pensées. Je fais partie d'une association qui recrute des jeunes prometteurs à la sortie de la seconde. Comme nous sommes peu nombreux, on ne peut pas rencontrer tous les élèves que l'on souhaiterai. Cette année, nous avons donc choisi votre lycée par mis d'autres. Les professeurs ainsi que les délégués de chaque classes ont été convoqués, leurs avis sur les élèves suceptibles de nous intéresser ont été recueillis. Vos professeurs nous ont assuré que vous étiez une élève sérieuse, et que vous étiez plutôt douée en sciences et en langues. Ils ont par ailleurs ajouter que vous pouviez être légèrement dissipée, bavarde et que vous aviez tendance à rigoler, discrètement, à la moindre occasion, trouva-t-il nécessaire de préciser. Et bien sûr, je m'empourprais. Il fit semblant de ne pas l'avoir remarquer, et continua ses explications. Votre déléguée de classe, et non moins amie, il me semble, Sophie, c'est cela ? J'aquiessai. Elle nous a donc informé que vous étiez très souvent, pour ne pas dire constamment, en train de vous plaindre votre pays et de ses coutumes, et que vous souhaitiez partir vivre aux USA. On en a donc conclue que vous étiez une des personnes que l'on cherchais. Vous confirmez les dires de vos profs et de votre déléguée ?

_______ Eh bien... J'adore vraiment les langues, surtout parler anglais, dès que l'occasion se présente, je saute dessus, plaisantais-je. Il est vrai aussi que je me débrouille plutôt bien en sciences... Il réfréna un sourire devant ma modestie - "plutôt bien" est un terme modeste, lorsqu'on a entre 15 et 17 de moyenne en Physique et SVT - et il est tout autant vrai que j'aime bien travailler dans une atmosphère détendue, je n'aime pas lorsque le cours est trop sérieux, sinon j'ai tendance à m'ennuyer et à ne pas travailler comme il le faudrait.

______[Après un temps de réflexions, j'ajoutais :

_______Je suis très étonnée que Sophie est retenue autant d'informations me concernant, je n'ai peut-être pas été aussi discrète que je le pensai. Mais elle a dit vrai, je ne supporte plus ce pays, je le trouve ennuyant, j'ai besoin de voir d'autres paysages, d'autres visages et je suis vraiment attirée par la culture et la diversité des Etats-Unis. Ces derniers mois, j'aurais tout donné pour m'en aller d'ici, aujourd'hui encore, je ne demande que ça. Mais, pourquoi me demandez-vous tout cela ? Quel est le rapport avec votre venue, et quel est votre rôle là-dedans ?

_______ J'allais y venir. Mais avant, puis-je me permettre de vous demander si nous pouvons nous tutoyer ? Je pense que cela sera plus simple, et ,si vous acceptez ma proposition à venir, nous aurons à nous revoir souvent.

______J'étais ravie à la perspective de passer du temps en sa compagnie.

_______ Bien sûr, répondis-je.

______Encore une fois, il avait deviné mes intentions. En effet, je détestais que l'on me vouvoie, cela me faisait vieillir - oui, je sais, cela peut paraître stupide lorsque l'on a à peine 16 ans.

_______ Très bien. Je t'ai dit que je travaillais pour une association. Les jeunes que l'on recherche sont, en grande partie, de ceux que la société n'a pas forcément épargné.

______A ces paroles, il me lança un regard compatissant - il devait être au courant du fait que nous ne roulions pas sur l'or, et que nous devions toujours nous restreindre au minimum syndical.

_______Ces lycéens n'en sont pas moins des personnes douées. On leur offre alors la possibilité de tenter leur chance aux States, et d'essayer d'exaucer leur American Dream personnel,...
_______ Attends une minute, le coupais-je - je crois que je venais d'avoir une sorte de révélation. Vous...euh...tu es en train de me dire que tu ME propose, à MOI, d'aller étudier aux USA, dans un lycée américain, avec des élèves américains, des lois américaines, et tout ça ??

______J'avais tellement envie que ce soit réel, que je disais n'importe quoi, pour être sûre de bien comprendre son discours.

_______ C'est tout à fait ça, une place dans un lycée dans le nord des Etats-Unis t'est réservée, si tu accepte, confirma-t-il avec un regard moqueur. Mais ce n'est pas encore définitif.

______J'étais hébétée. Pendant au moins 5 minutes, je suis restée les yeux et la bouche grands ouverts. J'essayai de réaliser cette nouvelle. C'était la chose la plus merveilleuse que l'on m'ait annoncer depuis...eh bien depuis le début de ma vie. Il fallait que je réagisse, j'avais attendu ce moment depuis tellement longtemps, j'en avais rêver jours et nuits, j'avais du casser les oreilles de mes amies à force de le répéter sans cesse.
______Reprenant mes esprits, un grand sourire se dessina sur mes lèvres, et je m'écriais presque.

_______ Mais c'est absolument génial, formidable, fantastique !! Je suis d'accord, quand est-ce qu'on part ??

______Je m'étais levé et rapproché de Martin, ce dont je ne pris pas tout de suite conscience.

_______ Je suis ravi que ça te plaise, mais tu oublie que tu es mineure, et qu'il te faut d'abord l'autorisation de tes parents pour que tu quitte le pays, et le continent aussi.

______Ayant réfréné mes ardeurs, j'affichais une mine déçue et me laissai tomber à ses côtés sur le canapé, ce qui le fit bien rire. Je le fusillais du regard.

_______ Désolé, s'excusa-t-il, sans s'être complètement départi de son sourire. Vu ta réaction, j'en conviens qu'il serait préférable que j'explique moi-même la situation à tes parents.

_______ Euh, si cela est possible, et que ça ne te dérange pas, je crois que ce serait effectivement plus raisonnable si je veux quitter ce pays le plus rapidement possible.

______Nous conclûames donc qu'il attende le retour de Kate pour lui faire part de sa proposition - mon bonheur - puis nous discutâmes encore quelques heures sur mes résultats scolaires, nos goûts, son association. J'appris qu'il jouait souvent avec ses amis, et il me promit qu'il se ferait un plaisir d'être mon prof de guitare.
______Il était bientôt 11 heures du matin, quand le moment que j'appréhendais arriva. J'étais pressée, mais j'avais aussi peur de la confrontation. Nous nous retournâmes d'un mouvement lorsque la porte d'entrée s'ouvrit. Ma mère venait de rentrer.


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# Posté le mercredi 08 juillet 2009 07:28

Modifié le dimanche 02 août 2009 16:07

Chapitre 1 : Rencontre Nouvelle, Nouvelle Heureuse.
Partie 2 : Point de Vue de Martin.



______ Elle était si...indescriptible. Durant tout notre échange, je me focalisais sur ses magnifiques yeux chocolats, noisette. J'aurai pu me noyer dedans. Nous avions déjà prévu de nous revoir, je lui avais proposé de l'aider à apprendre la guitare. J'espérais vraiment que ses parents me fournissent l'autorisation nécessaire à son inscription. Elle avait l'air impatiente, et heureuse de pouvoir partir. Etrangement, cela me ravissait. Il fallait qu'elle vienne, c'était comme nécessaire. Elle semblait à la fois tellement normale et tellement différente.
______Je songeais que persuader sa mère ne serait, de toute évidence, pas un problème. Avec mes... « talents » particuliers, ce sera même un jeu d'enfant. D'ailleurs, je l'entendais arriver. Elle entra en chantonnant. Elle ne nous vit pas de suite, concentrée sur ses pensées. Lorsqu'elle se rendit compte de notre présence, elle nous fixa tour à tour pendant quelques secondes, et engagea la conversation comme si de rien n'était.

_______ Tiens, bonjour ma chérie. Tu es déjà levée ? Question futile.
_______ Salut maman. Ben ouais, l'orage n'était pas fort du tout ce matin, grogna Roxanne. Elle se leva et alla l'embrasser. Maman, je te présente Martin.

______Je me levai à mon tour afin de me présenter comme il se doit.

_______ Martin Swan, enchanté, Madame.

______Je lui donnais une brève poignée de main.

_______ Kate, la mère de Roxy, mais ça, vous l'aurez sûrement devinez de vous-même, se présenta-t-elle à son tour.

______Je vis Roxanne levé les yeux au ciel à la mention de son surnom. Kate n'eut pas le temps de se demander qui j'étais, que cette première la questionnait déjà.

_______ T'étais où ? J'ai cru que tu t'étais faite enlevée, et qu'on allait nous demander une rançon. Que je n'aurais pas payé, je n'aurais jamais eu assez d'argent pour ça et pour pouvoir m'acheter mon Ipod, ma chaîne Hi-fi et aller voir Green Day et les AAR en concert, plaisanta-t-elle.

______Pour toute réponse, elle lui tira la langue comme une gamine.

_______ Je faisais des courses, banane ! Le frigo était déjà vide, je vais nous mettre à la diète, on fera des économies, marmonna-t-elle en se dirigeant vers la cuisine. D'ailleurs, j'ai besoin d'aide pour vider le coffre, ajouta-t-elle plus fort, à notre intention.

______J'entendis Roxanne soupirer. Elle suivis néanmoins sa mère qui avait ouvert le garage et le coffre de la voiture. Je m'empressais d'aller les aider.

_______ Tu n'es pas obliger, me souffla doucement Roxanne tandis que je m'emparais d'un sac qui paraissait lourd.
_______ Je ne vais quand même pas rester là à vous regarder travailler, m'indignais-je. Et puis, ça ira plus vite à trois.

______Elle ne me contredit pas, et nous continuâmes à décharger les provisions. Kate nous lançait des regards discrets, se demandant pourquoi elle ne m'avait jamais rencontrer. J'entendis qu'elle soupçonnait que je sois le petit ami de Roxanne. Je me contrôlais, et évitais d'exploser de rire. Nous retournâmes dans la cuisine, où elles entreprirent de vider chaque sac et de tout ranger dans les placards. Je restai à l'écart, accoudé au petit bar, au cas où elles demanderaient de l'aide. Je détaillais Roxanne qui s'activait, et observais les reflets de ses longs cheveux blonds-roux, quand Kate me tira de mes songes.

_______ Au fait, je ne t'ai pas demandé la raison de ta visite, Martin. Roxanne ne m'a jamais parlé de toi, sous-entendit-elle avec un regard qui en disait long à l'intéressée.
_______ Non, cela est normal. On ne se connaissait pas avant ce matin. Elle eu l'air méfiante à ces paroles, mais ne me coupa pas pour autant. Comme je lui ai dit plus tôt, mon père est l'un des dirigeants d'une organisation. Son rôle est de permettre à des élèves très prometteurs, qui n'ont pas d'idées précises pour leur avenir et qui n'ont jamais eu l'occasion de voyager un peu, d'étudier avec les meilleurs professeurs mondiaux aux Etats-Unis d'Amérique. Et Roxanne a été retenue parmis des centaines d'élèves de son lycée pour être inscrite dans cet établissement. Mon but était donc de vous en informer et d'obtenir votre autorisation.

______Elle hésita un moment, puis se lança.

_______ C'est une caméra cachée, c'est ça ? Demanda-t-elle en cherchant autour d'elle un éventuel micro ou caméscope.

______Roxanne vint se poster à coter de moi, et s'appuya nonchalamment contre le rebord de l'évier. Ce fut elle qui lui répondit. Je la sentis légèrement tendue, aussi je posai délicatement ma main sur son épaule pour la rassurer. Je ressenti que les battements de son c½ur s'accélérèrent, et qu'un frisson traversa son buste. Elle se ressaisit et commença son explication.

_______ Non, maman, c'est vrai, tu ne passeras pas à la télé. Son débit s'accéléra. S'il te plait maman, dis que tu es d'accord, tu sais que je rêve d'aller là-bas. En plus pour étudier, et avec des profs bien mieux qu'ici, c'est une chance. Tu voulais me faire plaisir et choisir la bonne orientation pour moi, voilà, on a ce qu'on voulait toutes les deux. Aller je t'en prie, dis oui, s'il te plait.

______Après avoir assimiler ses arguments, Kate hésita.

_______ Heu...hum...Eh bien...les Etats-Unis ? Non, c'est bien trop loin, différent, tu es trop jeune pour partir là-bas seule, ton anglais n'est pas assez bon, tu ne t'en sortiras pas, ...
_______ Détrompez-vous, l'interrompis-je. D'après mes informations, Roxanne est vraiment très douée en anglais. De plus, les professeurs s'adaptent à chaque élève et à chaque niveau. Et elle ne sera pas seule, il y aura toujours d'autres jeunes, et des tuteurs en sa compagnie. Ce n'est vraiment pas quelque chose dont il faut s'inquiéter, la défendis-je, en prenant une voix plus douce et persuasive que jamais. J'espérais être proche de la victoire.
_______ Bon. Je vois que vous avez de très bons arguments. Mais je ne suis pas entièrement convaincue pour autant. Je ne dis pas oui, ni non, mais il y a pas mal de choses que je veux voir avec Martin avant de me décider, céda-t-elle, à l'intention de Roxy.

______Cette dernière lui sauta au coup en répétant des « merci » et des « tu es géniale ». Je laissai retomber ma main, et affichais un sourire victorieux.


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# Posté le mardi 14 juillet 2009 09:47

Modifié le dimanche 02 août 2009 16:11

Chapitre 1 : Rencontre Nouvelle, Nouvelle Heureuse.
Partie 3 : Point de Vue de Roxy.


______ Je sautai littéralement de joie en la remerciant. Certes, elle n'avait pas accepté, mais lorsqu'elle hésitait ainsi, cela se finissait très souvent par un « oui ». Défaut de ma mère que je connaissais parfaitement et que je faisais toujours tourner à mon avantage. Je relâchai Kate, qui allait s'installer sur le canapé pour discuter des conditions de mon départ avec Martin. Je notai dans un coin de ma tête de penser à le remercier. Puis je senti comme une sorte de léger courant électrique, une piqûre dans mon épaule gauche. Je me frottai discrètement. C'était là que Martin avait posé sa main quelques instants auparavant. Son contact n'était pas du tout désagréable, sa peau était légèrement plus chaude que la mienne, ce qui était totalement normal pour moi, étant donné que j'étais quasi-constamment glacée, même avec la chaleur estivale et orageuse de ces jours-ci. Aujourd'hui d'ailleurs l'air s'était rafraîchi, avec la pluie.
______Regardant dehors, je vis mon reflet dans la fenêtre. Je remarquais alors que j'étais toujours en pyjama. Je parti donc me préparer. Je restai un moment dans la douche, me régalant du bien être de l'eau brûlante sur mon corps froid. J'étais euphorique, et le jet d'eau me permis de mettre de l'ordre dans mes pensées confuses.
______Mais la curiosité et l'impatience me rongeaient encore. Aussi, je m'empressai de sortir rejoindre Kate et Martin. Je m'appuyai sur le dossier du canapé, et me penchai légèrement afin d'essayer de lire le formulaire que Kate remplissait, courbée sur la table basse. Il était inscrit en capitales en haut de la feuille verte « NATIONAL HIGH SCHOOL & COLLEGE G. WASHINGTON ». Elle avait fini par céder. Je me retenais hurler de joie, et jouai la carte de la subtilité. Cela devait être un très bon lycée, vu qu'il était reconnu dans les 50 Etats.
______Je glissai distraitement à Martin :

_______ Washington ?
_______ Il faut bien faire honneur à notre pays, m'expliqua-t-il. Et, au moins, personne ne doute une seconde de la qualité de l'enseignement, vu que Georges Washington était le...
_______ 1er Président des Etats-Unis, un des signataires de la déclaration d'indépendance, finissais-je à sa place.

______Il me regardait, ahuri, pendant que j'observais Kate renseigner des cases, feignant la décontraction. Après quelques secondes, je tournai la tête vers lui. Je lui lançai un regard interrogateur.

_______ Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? Demandais-je en me redressant.

______Je me réinstallais dans mon fauteuil. Il ajusta sa position pour me faire face.

_______ Comment se fait-il que tu connaisses à ce point Washington et ce pour quoi il est connu ? D'ordinaire, les gens ne savent que qu'il a été président, point.Me questionna-t-il, comme si je n'étais pas sensé être au courant.

_______ Pensais-tu que je puisse être totalement inculte en ce qui concerne les USA ? Rétorquais-je avec une expression prétentieuse sur le visage.

______Comme il ne daignait pas réagir, je décidais de le taquiner un peu.

_______ C'est un des avantages d'être fan de cinéma américain. Fais moi penser à aller remercier Nicolas Cage. Et le réalisateur de JFK, par la même occasion.

______Les films dont je faisais allusion étaient très différents, mais révélaient des évènements très importants dans l'histoire du nouveau monde – la déclaration d'indépendance, les éventuels trésors légendaire, en passant par des secrets gouvernementaux, et les assassinats de Lincoln et Kennedy. Et comme j'étais curieuse, j'avais été rechercher sur Internet des détails pour connaître la véracité des faits.
______Martin semblait perplexe suite à mes explications, mais il comprit tout de même mes paroles.

_______ Ne t'inquiète pas, je n'y manquerai pas. C'est intéressant que tu connaisses un peu de l'histoire américaine. Ca te sera utile, en cours.

______Kate se redressa soudainement, avec une moue qui nous permettait de comprendre que quelque chose lui déplaisait.

_______ Euh... Vous m'avez parlé de bourse, tout à l'heure. Cela concerne uniquement les fournitures scolaires ? Demanda-t-elle sceptique et légèrement stressée.

______Martin lui répondit, se demandant sûrement ce qui lui traversait l'esprit.

_______ Bien sûr, pourquoi ?
_______ Je n'y ai pas songé plus tôt , reprit-elle, mais si le voyage n'est pas pris en compte par les aides financières, je crains de ne pas pouvoir y remédier avec mon salaire.

______Il ne parut pas voir de problème, et la rassura immédiatement.

_______ Oh ! Ca ! Je suis désolé, j'ai omis de vous préciser que, pour les élèves, les transports sont entièrement à la charge de la fondation. Ce n'est donc pas la peine de vous en inquiéter.

______Elle acquiesça, regarda dans le vide, non plus angoissée, mais plutôt triste, une expression grave sur le visage.

_______ Autre chose ? Supposa Martin, encourageant ma mère à exposer son tourment.
_______ Mmh ? Non, ce n'est rien. J'essayai juste de m'imaginer vivre sans Roxy. Ca va beaucoup changer...

______Le ton sur lequel elle s'exprima me laissait entrevoir des adieux difficiles. Je ne voulais pas y penser tout de suite, ça allait être vraiment dur de la quitter. Apparemment, elle aussi préférait laisser cela pour plus tard, et continua donc son activité. Elle signa la dernière feuille tendit le dossier à Martin, et s'enfonça dans le canapé, simulant l'exténuation.

_______ Il vous faut peut-être des photocopies et certains documents, non ? Lui demanda-t-elle, comme si cela était un véritable supplice.

______J'évitais à temps un coussin qu'elle me lança dès qu'elle remarqua que je pouffais.

_______ Te marre pas ! Gronda-t-elle gentiment.
_______ Malheureusement pour vous, oui, je vais vous demander certaines choses en plus, se moqua-t-il, atteint lui aussi par l'hilarité que transmettait Kate.

______Il lui fit une liste des documents qu'elle devrait lui prodiguer, puis mit fin à sa visite.

_______ Il est temps que je vous laisse, mais je vais devoir renouveler notre entretien, nous avons encore d'autres points à aborder.
_______ Pas de problèmes, repassez quand vous voulez.
_______ Si vous êtes disponibles, je pense que demain serait le mieux, proposa-t-il à Kate.
_______ Demain, c'est bien. Je suis navrée, je vous abandonne, je vais être en retard, s'excusa-t-elle précipitamment en regardant sa montre.

______Elle ne nous laissa pas le temps de répondre, nous salua et s'éclipsa.

_______ Martin. A ce soir Roxy.

______Je raccompagnais donc Martin à la porte.

_______ Tu devrais te préparer et te tenir prête, Roxanne, dit-il soudainement et sérieusement. Le départ va venir bien plus vite que tu ne le penses, et tu vas devoir affronter des changements intenses.

______Ce qu'il sous-entendait m'échappa, mais me rappela illico mes songes du matin sur le fait qu'il puisse être un dangereux criminel ou un membre de la mafia italienne. Ridicule. Que tu es stupide, ma pauvre...

_______ D'accord. J'y penserai. Merci encore, Martin.
_______ De rien. Au revoir, Roxanne.
_______ A demain.

______La porte se referma sur lui. Je restai là, statufiée, me demandant ce qu'il avait bien pu vouloir dire par cette phrase.


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Précisions : les films cités sont Benjamin Gates (Nicolas Cage) & JFK (John Fitzgerald Kennedy)
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# Posté le samedi 18 juillet 2009 10:59

Modifié le dimanche 02 août 2009 16:10

Chapitre 1 : Rencontre Nouvelle, Nouvelle Heureuse.
Partie 4 : Point de Vue de Roxy.


______ _ Bonjour, Puis-je voir Roxanne ?

______ Ah ! Je venais de reconnaître le doux son de la voix de Martin. Il arrivait bien plus tard que prévu.

_______ Roxanne ! Brailla mon frère.

______J'aurais du lui répondre et aller à la rencontre de Martin, seulement, je n'avais aucune intention de bouger. Ce matin, je n'avais tout simplement pas envie.

_______ Roxanne ! Bouge, y a quelqu'un pour toi ! M'ordonna mon insupportable petit frangin, qui se tenait non loin de moi.

______Toujours décidée à n'en faire qu'à ma tête, je lui répondais sur un air las.

_______ Et bien, fais-le entrer, et dit lui que je suis là.

______Je l'entendis pousser un gros soupir d'exaspération, et repartir. Quelques instants après, je perçu que quelqu'un s'approchait.

_______ Bonjour ! Tout va bien là-haut ? Me lança joyeusement notre invité.

______Je me relevai et m'assis contre le tronc de l'arbre ou je me prélassais.

_______ Bonjour Martin ! Lui répondis-je sur le même ton. Ca va très bien, merci.

______Je marquais une pose, pour sauter de mon perchoir. J'atterrissais agilement sur mes pieds à quelques centimètres de lui.

_______Et toi, tu vas bien ?
_______ On ne peut mieux, merci. Désolé pour le retard, j'avais une course à faire avant.
_______ Pas de problèmes. Au fait, ma mère n'est pas là, son patron l'a appelée, elle a du partir plus tôt. Mais elle m'a laissé toutes les photocopies et les autres trucs que tu lui avais demandé.
_______ Oh, ça n'est pas grave, même si il aurait été préférable que je lui explique quand même tout en détail.
_______ T'inquiète pas, j'ai bonne mémoire. Enfin, je crois, plaisantais-je. On va s'installer là-bas.

______Je lui indiquai du menton la terrasse. Nous primes place autour de la table blanche. Il y déposa plusieurs feuilles, et me dit d'emblée :

_______ Le grand départ est prévu pour dans un mois.

______Un mois ?

_______ Euh... On est que le 10 Juillet, tu sais. A moins que la rentrée se fasse bien plus tôt qu'ici... ?
_______ Non, la rentrée scolaire est également début Septembre. Mais tu comprendras que vous aurez besoin d'un peu de temps pour vous adapter au décalage horaire, au climat, aux gens. Tout est différent.
_______ Ah, oui. C'est vrai. Vaut mieux être en forme pour les cours.
_______ Oui. Donc, départ le dimanche 9, à 13h15 de l'aéroport de Paris. Un car attendra les élèves sélectionnés dans la capitale de leur département – Rouen pour toi, donc. La navette partira à 11h10. Elle se trouvera devant la mairie, m'expliqua-t-il en notant soigneusement chaque détail sur le planning adressé aux parents. Le choix du matériel de travail t'est donné, selon tes préférences – cahiers, classeurs... Les manuels scolaires seront remis lors de l'arrivée dans l'établissement. La rentrée se fera le 4 septembre, à 8h00. Il s'agit d'un internat, mais les élèves sont autorisés à en sortir, en respectant les heures de couvre feu, pour pratiquer des activités, faire des sorties, avoir un travail, etcetera. Bien entendu, ils sont sous la responsabilité de l'établissement, mais dès leur majorité, ils ont la possibilité d'en partir ou non. Ceux qui le souhaitent, peuvent passer leur permis de conduire. Enfin ! Tu trouvera toutes les informations dont tu as besoin ici, m'informa-t-il en feuilletant rapidement un petit livret. Il s'agit d'une partie du règlement intérieur, le plus important à savoir. Voilà... Je crois que j'ai tout dit... Ah non ! Dans un peu plus d'une semaine, tu devras te rendre à la salle commune de Rouen. Se tiendra une petite conférence pour réexpliquer dans les grandes lignes ce que j'ai pu t'énoncer, on répondra aussi aux question posées, et les dossiers d'inscriptions seront vérifiés, rien de plus.
_______ Je trouve que ça fait un peu beaucoup pour « rien de plus » ! M'exclamai-je les yeux fixés sur la paperasse.
_______ Ne t'inquiète pas, tout est noté et expliqué en détail. Et si toute fois tu as un doute quelconque, tu peux appeler à ces numéros, me précisa-t-il, pointant du doigt 3 séries de numéros de téléphone.

______J'opinai. Il regarda l'heure, et m'averti qu'il était temps qu'il s'en aille – il avait encore d'autre personnes à voir. Je le raccompagnais comme la veille à la porte, et le saluai.
______Je m'octroyais alors une nouvelle pause dans mon arbre. Je m'étendais sur une branche plus élevée et exposée au soleil. Je fermai les yeux, laissant l'astre réchauffer ma peau. Je les rouvrais pourtant derechef quand un nuage se posta devant mon chauffage naturel. Je soufflai bruyamment, comme si l'air que je projetais pouvait les effacer. A mon plus grand étonnement, ils disparurent. Je n'eu pas le temps de reprendre mon activité détente que deux amas grisâtres fonçaient droit sur l'étoile. Je fusillais le ciel des yeux. D'un mouvement impatient et quelque peu irrité, je secouai la main au dessus de ma tête, espérant chasser la moindre menace qui m'empêcherai de bronzer. Une fois encore, mon geste fut récompensé. Je levai un sourcil inquisiteur, espérant ne pas devenir folle. Je n'eus, néanmoins, pas à retenter l'expérience une troisième fois, le ciel ayant retrouver sa couleur limpide et uniforme, sans aucune grisaille à l'horizon. Aussi, je ne m'en préoccupais plus, et me laissais fondre dans les bras onctueux de Morphée.


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# Posté le dimanche 26 juillet 2009 17:34

Modifié le lundi 03 août 2009 07:52

Chapitre 1 : Rencontre Nouvelle, Nouvelle Heureuse.
Partie 5 : Point de Vue de Roxy.


______ Forêts & pluie ? Cactus & soleil ? Plages & humidité ? Ou encore Buildings & nuages ? Je me représentais plusieurs scénarios pour mes prochaines études en amérique. Mais j'ignorais entièrement notre destination.

_______ Eh oh ! Roxy ! Allo la lune, ici la terre ! Redescends de ton nuage, Armstrong, persifla ma mère, interrompant mes cogitations.
_______ Euh...Désolée, chuchotais-je. Qu'est-ce qu'il y a ?
_______ Essaye de suivre, quand même ! Tu as bien pris tout ce qu'il fallait ?
_______ Mais oui, maman ! T'inquiètes pas, j'ai tout.

______Cela faisait au moins la cinquième fois qu'elle me la demandait, et que je lui répétais la même chose. Kate m'ayant interpellée, je me concentrais, et prêtais attention à ce qui se disait. Nous nous trouvions dans la salle communale de Rouen pour la convention sur mon futur lycée. Une trentaine de chaises étaient alignées sur plusieurs rangs en face d'une estrade ou se tenaient un homme qui jacassait depuis quelques minutes déjà devant un micro grésillant, et, dans l'ombre, sur sa droite, j'avais aisément reconnu Martin, adossé avec une posture décontractée sur le mur.
______Je n'écoutais que d'une oreille notre animateur, Mr O'Neil. Il vendais les mérites du lycée Washington, rassurait les parents sceptiques, et répétait ce que j'avais entendu la semaine passée, y ajoutant quelques précisions de temps à autres.
______Je ne sais pourquoi, je m'étais attendue à me retrouver dans une salle bondée et pleine à craquer. Contrairement à mes suppositions, il devait y avoir en tout et pour tout entre dix et quinze élèves accompagnés chacun d'un ou plusieurs tuteurs. Je me souvenais ensuite que Martin avait mentionné que peu d'élèves étaient choisis.
______Ce fut le tour des parents de s'exprimer. J'espérai intérieurement que Kate ne laisse pas un désir de se rassurer publiquement la submerger. Je fus donc soulager lorsque la séance fut levée, pour permettre aux familles de rendre leur dossier d'inscription. N'étant pas assez patiente, je laissai cette tâche à ma mère, et passai la porte de la sortie de secour ouverte, et rejoignais quelques élèves qui avaient eus, assurément, la même idée que moi.
______Je me trouvai devant une vaste pelouse, qui servait éventuellement de parking les jours de fête. Je m'assis sur la verdure, à l'écart de mes camarades, en me pelotonnant – le vent était frais malgré le soleil -, et observais avec un sourire envieur une jeune fille (il me semblait qu'elle avait assister à la conférence) courir après une petite fille de quatre ou cinq ans, ses amies riant joyeusement de cette course poursuite. Elle prit l'enfant dans ses bras, l'étreignant de manière protectrice, tandis que les deux autre les rejoignaient. J'aperçu ensuite un groupe masculin s'approcher d'elles. Un besoin urgent de protection m'emprisonna. Ces garçons n'avaient rien de sympathique, ils dégageaient une menace perceptible de tous. Sentant elles aussi le danger, elles s'éloignèrent rapidement de la meute, et revenaient vers la salle. Un costaud, positionné devant ses acolytes, héla la brune qui tenait la petite. Elle s'arrêta et se figea instantanément. Je la vis baisser la tête, hésitante, la redresser, déterminée, puis faire passer délicatement la poupée blonde dans les bras de son amie, en donnant un ordre clair, que les deux jeunes femmes ne parurent pas vouloir exécuter. Elle sembla insister, presque même les supplier, et elles s'empressèrent de disparaître au détour d'un bosquet. Le groupe d'importuns poussa un rire tonitruant. La blonde se retourna pour leur faire face. L'inquiétude se lisait clairement sur son visage. La peur aussi. Le chef se détacha de son troupeau en laissant s'abattre son vélo sur le sol.
______Je ne sais quelle mouche m'eut piqué à cet instant, mais, me rappelant l'enfant aux boucles d'or cloîtrée dans l'étau des bras de son aînée, je fut prise d'une étrange pulsion. Une impression de déjà vu monopolisa mon esprit, et un sentiment dévastateur de haine monta et s'imprégna en moi. La blonde semblait de plus en plus fluette face aux muscles imposants de l'ennemi. Je me lançai à grand pas vers celle qui était en danger. Dix mètres à peine me séparaient d'elle. Je n'aurais donc aucun mal à l'atteindre avant la brute qui fanfaronnait devant ses hommes de main. Arrivée à sa hauteur, je me faisais discrète et jouais la comédie. Je l'étreignis comme si on était de vieilles connaissances. Elle parut ahurie et déboussolée en me voyant. Je lui chuchotai à l'oreille :

_______ Salut, moi c'est Roxanne. J'ai remarqué d'où j'étais que tu semblais avoir besoin d'un petit coup de main. Solidarité féminine oblige.

______L'assurance soudaine de mon ton me désarçonna, mais je ne perdis pas pied. La relâchant, je me reculais d'un pas. Elle me regardait sans comprendre mon intention.

_______ Euh...Oui...Merci, mais...Non, enfin..., bafouilla-t-elle complètement perdue. Tu ne devrais pas rester là ; je te remercie, mais ce n'est vraiment pas dans ton intérêt.

______Je ne prenais pas compte de ses supplications.

_______ Solidarité féminine, répétais-je. Ne t'inquiète dont pas, tu sais qu'il y a une trentaine de personne dans cette salle. Et tu sais aussi bien que moi qu'une fille peut pousser des cris stridents.

______Ma remarque la fit sourire légèrement. Elle ne protesta pas plus, la gratitude et la peur débordaient de ses yeux. L'homme venait de se poster à quelques pas de nous.

_______ Hey, Lolita chérie ! Interpella-t-il ma protégée. Ca me fait plaisir de te revoir !

______Elle pivota lentement, retenant son souffle et ses émotions.

_______ Antoine, dit-elle simplement sur un ton qu'elle voulait dur. Combien de fois faudra-t-il que je te répète que je m'appelle Eloïse ?
_______ Juste une fois de plus, Lolita, se moqua-t-il, fier de lui.
_______ Qu'est-ce que tu me veux ?

______Il m'ignorait royalement. Pour lui, ma présence ne devait pas signifier un quelconque changement dans sa manière de procéder.

_______ Comme toujours. Toi. Je ne veux que toi, ma chérie.

______Elle dégluti avec difficulté, mais trouva encore le courage d'affronter cet infâme prétentieux.

_______ Quand vas-tu te rentrer dans le crâne que l'on est plus ensemble ? Je ne t'aime plus, tu ne m'apportes rien de bon, je ne veux plus rien avoir à faire avec toi !

______Ses émotions avaient pris le dessus. Lorsqu'il lâcha la phrase fatidique, les miennes firent de même.

_______ Tu es et sera toujours mienne. Tu m'appartiens, Lolita, cracha-t-il, venimeux.
_______ Jamais ! Tu m'entends ? Jamais je te laisserais gâcher ma vie. Tu n'es absolument rien pour moi, explosa Eloïse.

______La fin de ses paroles était déformée par les sanglots qui couvraient sa voix. Je sentais un feu bouillonner en moi. La haine que je nourrissais à son égard était incontrôlable.
______Il leva sa main et caressa du bout des doigts le creux de la gorge de sa victime. Elle eut un geste de dégoût, ce qui n'empêcha pas le monstre de continuer à descendre sa main sur le corps frêle de la jeune femme. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Je ne voulais ni ne pouvais voir ça.
______D'une violence que je ne me connaissais pas, je m'emparais de son poignet, l'éloignant d'Eloïse. Mon autre bras était tendu le long de mon corps, point serré. Je fixais les yeux de l'agresseur qui venait de devenir l'agressé. Il aboyait, mais je ne l'entendais pas. Dans mes oreilles résonnait un sifflement assourdissant et désagréable qui martelait ma tête.
______L'énervement et la stupeur de l'homme furent soudainement replacés par de la peur et de l'intimidation. Je ne sais ce qu'il vit sur mon visage, mais cela suffit à réprimer sa détermination. Seulement, je ne me contrôlais plus. Un désir de vengeance naquit au fond de moi. Il fallait qu'il paye, pour cette fille et toutes celles qu'il avait fait souffrir de la sorte. Pour tous ceux qui l'imitaient.
______Il m'envoya une horde d'insultes, toutes plus vulgaires et blessantes les unes que les autres. Ainsi, sans me rendre compte de ce qu'il se passait réellement, ma colère s'amplifia et prit en puissance. C'est alors que des flammes rougeoyantes et aveuglantes jaillirent de chaque cotés de cet individu malsain. Cette apparition fut suivit d'un craquement assourdissant qui laissa place à une fente d'une dizaine de centimètres, partant des pieds du costaud, se poursuivant dans une petite ruelle qui donnait l'accès au terrain, jusqu'au trottoir. Une femme faillit perdre le contrôle de sa poussette, et l'arrêta avant qu'elle ne file sur la chaussée.
______J'étais parfaitement consciente de ce qu'il se passait, mais ne pouvait l'arrêter. Eloïse, effrayée pour de bon, avait reculé, et regardait la scène, stupéfaite, immobilisée, affolée.
______Puis je sentis que l'on me retenait par les épaules. Je ne pus déterminer qui, mon regard accaparait obsessionnellement l'homme. Ma main fut elle aussi entourée et retirée, délicatement mais fermement, de celle que je tenais. L'homme, enfin libéré de mon emprise, déguerpit avec ses larrons, qui n'avaient pas bronché, eux aussi certainement apeurés. Je vis ensuite le visage de Martin prendre place devant moi. Il me parlait, mais je n'étais toujours pas apte à écouter. Je serrais les dents, essayais de me calmer. Je me concentrai, et plongeais dans l'océan de ses yeux afin de m'y aider. Les flammes perdirent de leur intensité. Mon ouïe se réadaptait peu à peu au milieu environnant. Je fermai les paupières, et respirais un bon coup.

_______ Roxy ? Roxanne Lyzzie, tu m'entends ?

______Cette voix... Elle ne pouvait appartenir a personne d'autre que Martin, assurément.

_______ Qu-qu'est-ce...qu'elle a ?? Et...c'é-c'était quoi...tout...ça ? Bégaya une autre.

______Je ne la reconnu pas de suite, puis je me remémorais la jeune fille qui avait fait que j'en étais arrivé là, alors que je ne la connaissais ni d'Eve, ni d'Adam.

_______ Je ne sais pas. Recule. Roxanne ? Roxanne, réponds-moi. Tu m'entends ? M'interpella à nouveau Martin, après que j'eusse expiré d'une façon peu naturelle.

______J'hochai lentement le menton. Quelques secondes s'écoulèrent, je respirai calmement, testant mon self-contrôle. Etant enfin sûre de moi, je réactivais ma vue prudemment. Martin tenait toujours mes épaules et me fixait, dubitatif, les sourcils froncés, une moue inquiète sur les lèvres.

_______ Je... Ca va. Je crois... que ça va aller, articulais-je avec difficulté.

______Je fis un pas en arrière, et remarquais l'étendu des dégâts. Le gazon était calciné sur dix mètres de diamètre devant moi, une longue crevasse inégale interrompant la tâche sombre en deux parties. Je constatais par la suite que les quatre jeunes qui se trouvaient près de l'issue de secours lorsque j'étais sortie de la salle m'entouraient. Ils avaient l'air à la fois ébahis, impressionnés et... compatissants ?
______C'en était trop, il fallait que je parte. Je ressenti à ce moment une vibration dans ma poche. Je sorti mon téléphone et distinguais le nom de Kate sur l'écran. Je saisis cette opportunité pour filer.

_______ Je... euh... désolée... il faut que... il faut que j'y aille... excusez-moi.

Je ne les laissais pas répliquer ou approuver, et me sauvais en courant. J'entendis au loin Martin protester et m'appeler. Je m'engouffrai dans le bâtiment et aperçu ma mère près de l'entrée, m'attendant sûrement. Je me dirigeais prestement vers elle, voulant quitter les lieux au plus vite. Nous montâmes dans la voiture. Je contenais mes émotions, je ne voulais rien laisser paraître devant elle.
______Le trajet se passa en silence. Kate se gara, et je me dépêchai aussitôt d'en sortir et de m'isoler. Enfin seule, je laissai libre cours à mon esprit. Des sanglots secouaient ma poitrine, et de chaudes et intarissables larmes coulaient sur mes joues. Je ne sais quel sentiment était dominant. La colère, la tristesse, la peur, l'inquiétude, la fierté ou l'ébahissement. J'avais l'esprit embrouillé, mais trois questions revenaient sens cesse : Que c'était-il passé ? Comment était-ce possible ? Et pourquoi moi ?


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Précisions : Je ne suis jamais allée à Rouen, je n'ai donc aucune idée de comment est cette ville.

# Posté le jeudi 30 juillet 2009 13:50

Modifié le lundi 03 août 2009 08:31